24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi

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« 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi » était mal noté par la presse sur Allociné, je n’ai pas compris pourquoi. Je me réfère souvent à leur notation, mais là je dois dire que je n’ai pas compris la sévérité de la note.

Ce film d’Alexandre Arcady revient sur une affaire qui avait éclaté en France en 2006. Le jeune Ilan Halimi avait été enlevé et séquestré pour des motifs financiers, le tout incité par des idées antisémites : le principe pour ses ravisseurs était de kidnapper un jeune juif et d’extorquer à sa famille 450 000 euros, car selon eux les Juifs ont de l’argent et forment une communauté solidaire prête à payer…

Le film revient sur cette affaire à partir du livre écrit par Ruth Halimi, la mère d’Hilan. On assiste au supplice subi par le jeune homme et aux 3 semaines insoutenables qu’a vécu sa famille.

Il ne s’agit bien-sûr pas d’un film au budget colossal et appelé à être numéro 1 au box office, mais c’est un film qui m’a (violemment) touchée, et je ne suis pas la seule. Généralement, quand le générique de fin débute, les spectateurs commençent à quitter la salle. Et bien là, tout le monde est resté rivé à son siège jusqu’au bout, et les langues étaient liées à la sortie de la salle. Pour ma part, je suis sortie de ce film complètement nouée et assommée par la tension, parfaitement rendue par les acteurs.

D’ailleurs, en parlant des acteurs, je soulignerai juste que les seconds rôles ne sont pas tous parfaits. Certains récitent un peu trop leur texte, en revanche Zabou Breitman, Jacques Gamblin et Sylvie Testud sont très justes dans leur jeu.

Je suis rentrée dans la salle en me disant que je n’allais pas voir un grand film. Je suis ressortie en me disant que je ne m’attendais pas à me prendre une telle claque. J’avais beau connaître cette affaire par ce qu’en avaient dit les médias à l’époque, j’ai été bien secouée.

Je ne sais comment vous conseiller de voir ce film, si ce n’est en vous disant tout simplement d’y aller…

Nebraska

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Mon blog s’appelle « C’est tout VU, tout lu ? », hors, vous l’aurez remarqué, je consacre très peu de billets au cinéma. Ce n’est pas que je ne vois aucun film, mais j’ai beaucoup plus de difficultés à  commenter ce que je vois. C’est sans doute parce que je passe beaucoup d’heures avec chaque livre que je lis, j’ai le temps de faire mûrir mes billets, ce qui n’est pas le cas avec le cinéma.

Donc, une fois n’est pas coutume, voici un court avis sur le film que j’ai vu hier soir : « Nebraska ».

J’ai envie d’en parler ici car c’est un film intéressant : il est à la fois drôle et triste et emprunt d’une certaine tendresse.

C’est l’histoire de Woody, un vieil homme un peu « troublé » qui reçoit une brochure commerciale lui annonçant qu’il a gagné 1 million de dollars. Malgré les avertissements de sa famille, il décide d’aller chercher son million dans le Nebraska. Comme il ne peut pas conduire il décide d’y aller à pied… Malgré l’évidence de la supercherie, l’un de ses fils se décide finalement à l’y emmener en voiture. Commence alors pour les deux hommes un voyage de plusieurs jours qui va les confronter à la difficulté de la vieillesse et les renvoyer au passé familial.

J’ai trouvé ce film un peu longuet par moments, je pense qu’il aurait pu être plus court, mais j’ai apprécié de voir un film sans effets spéciaux, avec des acteurs qui ressemblent à Monsieur et Madame Tout le Monde. L’histoire est assez cocasse et est tantôt drôle, tantôt triste. J’ai aussi apprécié le fait qu’il se déroule dans l’Amérique profonde, loin de l’Amérique glamour et agitée que l’on nous montre bien souvent.

Par contre, je n’ai pas trop compris le choix du noir et blanc. Il n’est absolument pas gênant, mais je ne vois pas ce qu’il apporte…

Bref, ce n’est pas un film que j’aurais envie de revoir de sitôt, de par sa longueur (1h55) mais je suis contente de l’avoir découvert.

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

12 Years a Slave

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Pas de long billet aujourd’hui. Je vais faire simple et court. Juste quelques mots pour vous encourager à aller voir le film « 12 Years a Slave », si ce n’est pas encore fait.

Il y a des livres ou des films qui nous touchent peu et dont on arrive à parler facilement. Et il y a des oeuvres qui nous bouleversent jusqu’à nous ôter la parole…

« 12 Years a Slave » est un grand film qui revient sur l’histoire vraie de Solomon Northup, un violoniste noir privé de sa liberté pour être vendu comme esclave à Washington en 1841.

Tout au long du film le spectateur n’est pas uniquement témoin de l’histoire de Solomon, il est embarqué à ses côtés.

Le jeu de tous les acteurs, sans fausse note, participe de la puissance du film.

L’ambiance était grave à la sortie de la salle…

Un grand film à voir.

Et dire que c’est comme ça…

Rares sont les films que je chronique mais j’avais envie de rédiger un petit billet sur « Le loup de Wall Street » de Martin Scorsese.

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Dans ce film de 2h59 (quand même…) Leonardo DiCaprio incarne Jordan Belfort, un jeune homme qui fait fortune comme courtier en vendant à de pauvres gens naïfs des actions qui ne valent rien en Bourse. Au fil des années la fortune de Jordan s’accroît, ainsi que sa cupidité… Il vit entouré de chiffres, d’argent, de drogue et de prostituées. Ça paraît sans limite…

Voilà un film long mais qui m’a bien accrochée. Je n’ai pas vu le temps passer ! Martin Scorsese s’est appuyé sur un casting rondement mené, chaque acteur incarne son rôle à merveille. La réalisation repose sur un rythme effréné, sans temps mort, qui transporte le spectateur dans la vie de fou de Jordan Belfort. Il n’y a qu’un seul passage que j’ai trouvé moins bien réussi (celui du bateau dans la tempête).

En revanche, j’ai été assez dérangée par l’image de la femme véhiculée par ce film. Certes, Jordan Belfort est un homme richissime et très superficiel. On se doute qu’il ne s’entoure pas de grandes intellectuelles, mais la femme est vraiment considérée ici comme un objet sexuel. Je trouve même dégradant pour les comédiennes elles-mêmes d’avoir tourné entièrement nues. Alors, on pourra toujours me rétorquer que ce sont des actrices de c** et qu’il faut bien gagner sa vie… Ouaich… J’ai mon opinion sur le question.

Malgré cela, j’ai vraiment bien aimé ce film qui pour moi est très réussi.

Mad Cat l’a vu avant moi. Vous pouvez retrouver son avis ici.

Alabama Monroe

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J’avais préparé un premier billet dans lequel je comptais résumer ce film. Mais impossible de le résumer sans le dévoiler entièrement…

Volontairement, je ne vais pas vous raconter « Alabama Monroe ». Je vais me contenter d’un billet très court pour vous donner mon ressenti.

Je veux seulement vous encourager à aller le voir. C’est un film beau, les personnages sont forts, ils vivent tout avec passion. Mais c’est aussi un film dur, profondément triste. J’ai versé ma petite larme à plusieurs reprises et j’y repense encore beaucoup aujourd’hui (je l’ai vu hier soir, en même temps !).

Didier et Elise, les protagonistes, vivent un drame et tombent en enfer. C’est très dur de voir leur bonheur disparaître.

Toute la réalisation du film repose sur des  flash-backs, ce qui fait ressentir d’autant plus durement au spectateur la perte du bonheur passé.

Voilà un film à éviter si vous n’avez pas le moral. Mais si vous allez le voir, prévoyez les mouchoirs…

Le Majordome

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Comme je l’avais annoncé à Kimysmile, je suis allée voir « Le majordome », de Lee Daniels, avec Forest Whitaker.

J’avais pris soin de ne pas visionner sa bande-annonce, ni lire aucun article sur ce film car je voulais le découvrir entièrement.

C’est un film long, 2h12, mais sans longueur selon moi. Je ne l’ai pas vu passer !

Cecil Gaines est un jeune homme noir qui a toujours connu la ségrégation. Il a passé son enfance dans la plantation de coton qui employait ses parents. Formé par la propriétaire du domaine à devenir un bon « nègre de maison », il a ensuite travaillé au sein du grand hôtel Excelsior avant d’y être repéré et recruté à la Maison Blanche. Il y travaillera comme majordome de la présidence d’Einsehower à celle de Reagan et il connaîtra bien-sûr l’élection de Barack Obama.

Mais l’histoire de Cecil ne se résume pas à sa carrière. Son fils, Louis, est complexé par le métier de son père qu’il juge soumit aux Blancs. Lui est plutôt dans l’opposition directe à la ségrégation. Il rejoint Malcom X, les Black Panthers puis Martin Luther King.

Leurs conceptions distinctes de ce que doit être la lutte pour les droits des Noirs va peu à peu éloigner le père et le fils…

A travers l’histoire de Cecil, l’histoire politique et sociale des Etats-Unis nous est rappelée. Mais ce film laisse toute sa place aux sentiments en illustrant également les difficultés qui naissent parfois de l’incompréhension entre parents et enfants, jusqu’à une forme d’entendement et d’apaisement communs.

Chouette, c’est la rentrée du ciné !

ne quelque partVoilà plusieurs semaines que je ne n’alimente plus ma rubrique cinéma. Il faut dire que le cinéma de ma commune a légitimement pris des vacances, et que je n’ai pas non plus repéré de film m’incitant à me déplacer dans de plus grandes salles.

Mais il y a deux avantages à la rentrée : la rentrée littéraire et la rentrée du ciné !

Mon premier film de cette année scolaire aura ainsi été « Né quelque part » de Mohamed Hamidi, avec Tewfik Jallab et Djamel Debbouze.

Farid, un jeune homme terminant ses études d’avocat, doit se rendre dans le pays d’origine de ses parents pour sauver la maison de son père que la mairie veut exproprier. Il part donc pour une semaine dans un pays qu’il ne connaît pas, lui qui dit pourtant « venir d’Algérie ». Il va se retrouver face à des difficultés insoupçonnées…

« Né quelque part » dure 1h27, c’est court, et passe très vite ! Ce film plonge le spectateur dans la réalité de l’Algérie (je le suppose) sans exagération ni pathos. Le casting a été bien trouvé, et je suis vraiment passée du rire aux presque larmes.

C’est difficile de choisir un film sans voir sa bande-annonce. Pourtant j’ai presque regretté de l’avoir visionnée : j’y ai perdu un effet de surprise…

En tout cas, si vous avez envie de cinéma, je vous conseille ce film !

 

On peut traduire par « libérez Angela » ou « libre Angela »…

angelaEn ce moment, je suis face à un dilemme… J’ai une PAL qui ne maigrit pas et des challenges en cours, mais en même temps il y a plusieurs films qui m’intéressent au cinéma… Comment je fais pour lire, moi ??? Parce que ce n’est pas facile de lire dans le noir des salles obscures !

Malgré tout, avant de retrouver mon bouquin, je prends le temps d’écrire un billet sur « Free Angela and all political prisoners » car j’ai VRAIMENT envie de vous en parler.

La bande-annonce du film m’a interpellée. Je suis donc allée voir ce documentaire sur l’histoire d’Angela Davis.

Angela Davis est une femme noire américaine qui s’est fait connaître dans les années ’60 par son militantisme. Je suis très admirative de cette femme (Anis, je ne sais pas si tu la connais) car il fallait être extrêmement forte pour être une femme, noire, militant pour les droits des Noirs et des prisonniers politiques, membre des Black Panthers et de surcroît communiste, dans l’Amérique de Nixon avec Hoover à la tête du FBI…

Ce documentaire relate l’histoire de cette intellectuelle, professeur d’université renvoyée pour son appartenance au Che Lumumba Club (une section du parti communiste réservée aux Noirs), qui s’est ensuite vue injustement accusée en 1970 du meurtre d’un juge et de plusieurs jurés au cours d’une prise d’otage à laquelle elle n’a pas participé. A un moment au cours du documentaire, l’un des protagonistes de l’affaire compare les faits à un film. C’est exactement cela… Angela Davis a eu une histoire incroyable et un procès hors du commun. Mais je ne veux pas trop entrer dans les détails, je vous encourage vivement à voir ce documentaire.

Outre l’histoire d’Angela Davis, on en apprend un peu plus sur l’histoire des Black Panthers et aussi sur le réveil des consciences américaines quant à la vie des Noirs et au fonctionnement de la politique et de la justice américaines.

Voilà un film que je serais de toute façon allée voir, mais je crois que mon choix a aussi été motivé par ma lecture de « La couleur des sentiments ». J’ai aussi dans ma PAL « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (que je compte lire dans le cadre du challenge de Bianca). Ces deux livres et ce film se répondent, se font écho et n’en sont pour moi que plus intéressants.

Une pelote qu’il faut démêler

le-passe-past-posterIl y a deux ans, j’avais eu l’agréable surprise de découvrir le film « Une séparation », d’Asghar Farhadi. J’avais bien aimé, c’est pourquoi je suis allée voir « Le passé », du même réalisateur.

Marie et Ahmad sont séparés depuis quatre ans. Suite à leur séparation Ahmad est reparti vivre dans son pays natal, l’Iran. Marie lui demande de revenir quelques jours à Paris pour officialiser leur divorce. Ahmad découvre alors la nouvelle vie de Marie et tous les secrets qui la gangrènent.

On retrouve dans ces deux films des thèmes qui semblent chers au réalisateur : le couple, la séparation, la souffrance, les non-dits…

J’ai préféré le premier film, qui avait été une vraie bonne surprise. Je n’avais pas d’attente précise, je n’ai donc pas été déçue. Je ne peux pas pour autant dire que j’ai été déçue par « Le passé », mais je l’ai trouvé plus long. Le réalisateur a parfaitement souligné la complexité des relations, le poids des secrets dans nos vies. Cependant, j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop d’éléments imbriqués les uns dans les autres.

En revanche j’apprécie les fins choisies par le réalisateur. Elles sont ouvertes et chacun peut les interpréter à sa façon.

 

Je vous conseille aussi : 

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Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu de film…

affiche_goodbye_bafanaUne petite pluie fine et froide s’est invitée au programme du 1er mai, m’offrant ainsi l’occasion de rester au chaud devant un film…

J’ai donc regardé « Goodbye Bafana », en DVD.

Ce film sorti en 2007 revient sur une histoire vraie : l’amitié entre Nelson Mandela et l’un de ses gardiens, James Gregory.

La première scène nous plonge immédiatement dans le contexte politico-moral de l’Afrique du Sud à la fin des années 60. Des prisonniers noirs embarquent pour Robben Island, île sur laquelle sont incarcérés les opposants noirs au régime de l’apartheid. Cette scène est aussi l’occasion d’introduire les principaux personnages blancs à travers leur discours raciste et leur conviction que les Blancs et les Noirs ne sont pas égaux.

Robben Island est un microcosme dans lequel les hommes vivent, avec parfois un peu trop de zèle, au service de l’administration pénitentiaire. Leurs femmes, elles, vivent par procuration et sont uniquement préoccupées par la carrière de leurs maris. Elle semblent déconnectées de la réalité qui les entoure.

Cependant, peu à peu, le geôlier James Gregory va se sentir de plus en plus tiraillé entre son empathie pour Nelson Mandela et sa propre idéologie raciste. Son humanité va finir par refaire surface et une véritable amitié va s’installer entre les deux hommes, à tel point que Mandela va même influencer le parcours solaire des enfants de Gregory.

Ce film m’a permis de me remémorer une partie de l’Histoire de l’Afrique du Sud, et aussi de l’Humanité. Ce n’est pas un film que l’on regarde pour sa réalisation qui n’a rien de spectaculaire, mais réellement pour le thème traité.

 

Goodbye Bafana. réal. Bille August, 2007.