Elle s’appelait Tomoji – Jirô Taniguchi

tomoji
©Rue de Sèvres, 2015

« Elle s’appelait Tomoji » est né d’une commande passée à Jirô Taniguchi : rendre hommage à Tomoji Uchida qui a créé avec son mari le temple bouddhiste Shôjushin.

Dans un entretien présenté en fin d’ouvrage l’auteur précise que Tomoji Uchida est représentative de nombreuses femmes ayant vécu dans les régions rurales et pauvres du Japon des années 20-30. Cette information a de l’importance car la BD proposée par Taniguchi est avant tout l’histoire de Tomoji et non celle du temple Shôjushin.

Tomoji est née dans la région montagneuse de Yamanashi. Sa jeunesse a malheureusement été marquée par la perte de plusieurs de ses proches et elle a toujours vécu frugalement, a dû très tôt travailler dur pour aider sa famille.

Dans le même temps, Fumiaki Itô, de six ans son aîné, vivait à Tokyo.

Le rapprochement entre ces deux personnes est le fil conducteur de la BD. Jirô Taniguchi prend le temps de nous raconter la vie quotidienne de Tomoji avant son mariage avec Fumiaki et parsème son histoire de repères chronologiques constituant un décompte avant LA rencontre :

Tomoji a 18 ans. C’est l’hiver. Elle part seule pour Kôfu. Avant sa rencontre avec Fumiaki Itô, qu’elle a croisé autrefois sans le voir, il reste encore un an.

Ce décompte attise la curiosité du lecteur en lui suggérant qu’il se passera encore bien des choses avant la rencontre.

J’ai retrouvé dans cette histoire toute la sensibilité de Jirô Taniguchi : la nature est toujours aussi présente et célébrée, les personnages gardent toute leur réserve et leur douceur en dépit des aléas de la vie. Ce qui pourrait n’être qu’une histoire banale se transforme en une histoire touchante qui retient le lecteur : Tomoji grandit et devient adulte sous nos yeux et nous avons envie de l’accompagner jusqu’au bout.

Encore une fois je me suis vraiment laissée voyager dans l’univers offert par Jirô Taniguchi. C’est toujours tellement beau et apaisant. Voilà une BD que je conseille à quiconque a besoin d’un peu de calme et de douceur.

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4 réflexions sur “Elle s’appelait Tomoji – Jirô Taniguchi

    • Je suis totalement d’accord avec toi. Je crois aussi qu’il faut être prêt à se laisser porter par le rythme propre aux histoires de cet auteur, je pense qu’on ne peut apprécier Taniguchi que lorsque l’on est soi-même apaisé et enclin à la douceur. Je crains le jour où il n’écrira plus.

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