Rébétiko (La mauvaise herbe) – David Prudhomme

rebetiko
©Futuropolis. 2009

Je ne connaissais pas le rébétiko avant de lire cette BD. J’en avais peut-être déjà entendu, mais jamais écouté. C’est une musique née en Grèce dans les années 20 et jouée avec des baglamas, des bouzoukis, de petits tambourins etc… Dans le préambule à cet ouvrage David Prudhomme explique que l’on pourrait le comparer au tango ou au fado. Les chanteurs et musiciens expriment à travers la musique leurs préoccupations.

Les personnages de cette BD créés par David Prudhomme s’inspirent fortement de rébètes célèbres. Ici Stavros, Batis, Markos, Chien, Artémis et plus tard Béba, forment un groupe jouant tous les soirs dans les tavernes pouvant les accueillir. Leur musique se nourrit d’elle-même : les notes émises par leurs instruments les font entrer dans une transe créatrice soutenue par le haschich. Mais nous sommes à Athènes en 1936, la répression est omniprésente et l’enjeu de chaque soirée est de trouver un endroit dans lequel jouer sans en être chassés par les autorités. Car les rébètes chantent et jouent la rébellion, dénoncent l’injustice et raillent l’autorité. Le groupe est d’autant plus surveillé que chacun de ses membres traîne ses propres casseroles…

Il m’a fallu pas mal de temps avant de réussir à vraiment entrer dans cette histoire. En revanche, j’ai tout de suite été charmée par les couleurs utilisées : les bleus aux nuances multiples, le noir, le orange-rouille etc… Puis j’ai fini par me laisser embarquer par les aventures de ces musiciens qui ne vivent que de leur passion, aiment à être marginaux et à jouer au chat et à la souris avec la police.

Connaissant mal la culture des rébètes je ne saurai pas dire si David Prudhomme est resté fidèle à leur réalité, mais j’ai senti en tout cas, à travers sa BD, un véritable attrait de l’auteur pour le milieu.

Je pense que consacrer une BD à de la musique ne doit pas être un exercice facile. Tout doit passer par l’image et un peu de texte. Ici c’est la vue qui est sollicitée et non pas l’ouïe mais il faut malgré tout faire entrer le rythme musical. Et bien j’ai eu l’impression que David Prudhomme y parvenait, justement par des jeux de couleurs et de polices.

Pour conclure, je dirais que je ne connaissais de cet auteur que « La Marie en plastique » scénarisée par Rabaté et qui est drôle mais un peu trop franchouillarde à mon goût. J’ai nettement préféré « Rébétiko » qui est, de surcroît, un projet plus risqué car moins grand public.

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10 réflexions sur “Rébétiko (La mauvaise herbe) – David Prudhomme

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