Toute la famille sur la jetée du paradis – Dermot Bolger

bolger

C’est avec nostalgie que j’ai fini hier « Toute la famille sur la jetée du paradis » de l’auteur irlandais Dermot Bolger.

Dans ce riche roman, nous accompagnons la famille Goold Verschoyle de 1915 à 1945, chacun vivant sa propre histoire.

La famille Goold Verschoyle appartient à la petite bourgeoisie irlandaise et les destins de ses membres auraient pu suivre une ligne toute tracée si les événements politiques n’avaient pas bouleversé les idées de deux des fils, Art et Brendan, les embarquant dans une lutte pour le communisme de Staline qui retentira terriblement sur toute la famille. Ce roman est une chronique familiale mais c’est aussi une chronique de l’histoire irlandaise et européenne. L’auteur, par la vie de ses personnages, revient sur les grands événements du début du XXème siècle : le conflit irlandais, les deux guerres mondiales, la montée du communisme,  les luttes sociales…

La « jetée du paradis » est une jetée située près de la maison familiale depuis laquelle les protagonistes plongeaient l’été. Chaque personnage y revient régulièrement par la pensée. Elle est comme une ancre qui les arrime au bonheur et à l’insouciance de l’enfance. C’est comme si revenir aux baignades heureuses leur permettait de se retirer temporairement d’un présent trop pesant et de mieux le supporter.

A l’issue de cette lecture je me demande pourquoi la famille Goold Verschoyle a intéressé l’auteur au point d’en faire le protagoniste de l’un de ses romans. Son histoire sort bien-sûr de l’ordinaire, mais je me demande dans quelle mesure l’impression de gâchis laissée par les vies d’Art et Brendan reflète l’opinion de l’auteur quant aux événements politiques et à ceux qui les ont faits. Je me demande aussi jusqu’où l’auteur est resté fidèle à la réalité, car dans le roman Art se bat vraiment aveuglément pour le communisme et Staline sans même voir qu’il brasse de l’air et que personne n’accorde d’importance à sa lutte, même pas son propre Parti. Comme le souligne l’un des personnages : « Vous avez beau râler et vous démener, Goold, vous ne ferez jamais de mal qu’à vous seul » (p.420).

Si je pouvais poser une question à Dermot Bolger je lui demanderais également s’il a des frères et soeurs car je trouve qu’il écrit très bien sur la fraternité et la sororité : il montre bien à quel point les aînés s’inquiètent et souffrent pour leurs cadets qui veulent marcher dans leurs pas.

J’ai bien conscience que ce roman pourrait décevoir les amateurs-trices d’aventures aux multiples rebondissements, mais « Toute la famille sur la jetée du paradis » a l’ingrédient qui me séduit le plus en littérature : l’aventure humaine. Les personnages présentés ici par Dermot Bolger sont presque incarnés tant leurs personnalités sont soigneusement révélées. Ce qui m’a surprise en lisant la note de l’auteur figurant en fin d’ouvrage est qu’ils ont réellement existé. Ils ont été des personnes avant d’être des personnages, et je dois dire que j’ai été estomaquée en l’apprenant tant ils me semblaient romanesques. Celle que j’aurais aimé rencontrer est Eva. Cela tient sans doute au fait qu’elle m’est apparue comme un personnage central de l’histoire. Et c’est le personnage pour lequel l’auteur a le plus inventé…

Il me reste maintenant à découvrir le reste de l’oeuvre de Dermot Bolger car « Toute la famille sur la jetée du paradis » m’incite vraiment à en lire davantage.

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5 réflexions sur “Toute la famille sur la jetée du paradis – Dermot Bolger

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