Groenland Manhattan- Chloé Cruchaudet

cruchaudet

Voilà une BD en passe d’être mon coup de coeur BD de l’année 2014… J’avais déjà beaucoup aimé le travail de Chloé Cruchaudet avec « Mauvais genre« , j’avais poursuivi ma découverte de son oeuvre avec « Ida » (que j’avais moins aimé) et « Groenland Manhattan » a été une belle découverte de cette fin d’année.

Une fois n’est pas coutume, je reprends le résumé de BDGest’ :

« 1897. L’explorateur Robert Peary regagne New York après une mission au Groenland et ramène dans ses bagages cinq Esquimaux, parmi lesquels Minik, un jeune garçon, et son père. Véritable objet de curiosité, le petit groupe est logé dans les sous-sols du Muséum d’histoire naturelle. Mais, en l’espace de quelques mois, la tuberculose a raison de ces grands hommes du Nord et seul Minik survit. Adopté par l’un des conservateurs du Muséum, il s’adapte peu à peu à sa nouvelle destinée. Mais sa vie bascule le jour où il découvre dans une vitrine du musée le squelette de son père… »

L’histoire de Minik est terrible et l’on sait qu’elle n’est pas unique. Ce personnage rendu bien vivant par l’auteure est touchant, d’autant plus quand on lit le dossier qui figure à la fin de la BD et que l’on découvre les photos de ce petit garçon avec son papa. La postface rédigée par Delphine Deloget qui a réalisé un documentaire sur Minik apporte à la BD un éclairage très intéressant.

Comme dans « Mauvais genre » j’ai été séduite par le travail des couleurs. Chloé Cruchaudet sait vraiment les utiliser à bon escient, elles donnent de la profondeur à l’histoire et sont un régal pour les yeux. J’aime aussi beaucoup son dessin car il lui est propre et se rapproche pour moi davantage de sa série « Ida ». En parcourant une planche on devine qu’il s’agit de cette auteure et c’est ce que j’apprécie chez elle.

Je pense que travailler sur l’histoire de Minik n’était pas chose facile mais j’ai le sentiment que Chloé Cruchaudet a su la replacer dans son contexte. Je n’ai pas eu le sentiment qu’elle opposait simplement les gentils Esquimaux aux méchants Américains. La lecture de cette BD nous alerte bien-sûr sur le destin de ces personnes déracinées et déshumanisées, mais sans nous faire perdre de vue que ces faits se sont déroulés à une autre époque, au cours de laquelle les mentalités n’étaient pas les mêmes que maintenant.

J’aurais aimé découvrir le regard que Chloé Cruchaudet porte sur cette histoire et sur sa BD mais je n’ai malheureusement trouvé aucune interview d’elle et elle ne semble pas posséder de site personnel…

Bianca a lu cette BD avant moi, ainsi qu’Alison

Belles lectures à tous !

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14 réflexions sur “Groenland Manhattan- Chloé Cruchaudet

    • Je l’espère… ! Il est assez différent du point de vue des illustrations mais il est vraiment intéressant et abouti. Elle a aussi fait une série peu connue : « Ida » dans laquelle elle a un peu le même usage de la couleur mais le scénario m’avait un peu déçue.

    • Je t’y encourage vivement ! C’est beau visuellement, triste, parfois drôle et si intéressant ! La postface de Delphine Deloget apporte aussi à cette BD en soulignant la qualité et la justesse du travail de Chloé Cruchaudet.

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