Los funerales de la Mamá Grande / Les funérailles de la Grande Mémé

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C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai répondu au rdv proposé par Stéphie pour aujourd’hui, à savoir rendre hommage à Gabriel García Márquez. C’est un auteur que je prends toujours plaisir à lire, j’aime son écriture, ses histoires, ses personnages qui sont toujours très humains, très proches de nous. Ses protagonistes ne sont pas des héros, mais des individus lambdas dont la vie n’est riche et importante qu’à leurs yeux.

Le décès de l’auteur, le 17 avril, était donc une occasion un peu triste de lui rendre hommage.

marquez

J’ai donné un titre bilingue à ce billet car j’ai lu « Les funérailles de la Grande Mémé » en espagnol, ce qui m’a permis de savourer la langue de Márquez, la musique de ses mots qui sont simples mais si beaux tous les un à côté des autres…

« Les funérailles de la Grande Mémé » est en fait un recueil de nouvelles qui tire son titre du dernier texte, qui est vraiment le plus drôle : l’exagération et l’ironie sont omniprésentes. La Grande Mémé est une matriarche qui domine le village tout entier. La dictature représentée dans toutes ces nouvelles par le Maire est ici incarnée par la Grande Mémé, une femme obèse et qui a su veiller à protéger ses intérêts personnels par des mariages intra-familiaux. La consanguinité importe peu quand elle empêche les biens de sortir de la famille… Alors que tout le monde semble avoir oublié que cette femme est elle aussi mortelle, la Grande Mémé décède. Ses funérailles prennent une telle importance que même le Pape et le Président se plient en quatre pour y assister.

Les sept autres nouvelles du recueil se déroulent toutes dans un petit village qui est parfois nommé et parfois non, mais qui est très vraisemblablement Macondo, le même village que dans « Cent ans de solitude ». L’atmosphère est presque toujours la même : un soleil de plomb, des rues poussiéreuses et des protagonistes à la fois usés et poussés à bout par la chaleur insupportable. Chacune de ces nouvelles nous raconte l’histoire d’un personnage précis et de sa dérive progressive.

On retrouve les mêmes personnages dans chacune de ces nouvelles : le Maire, le prêtre, le jeune homme un peu paumé, la jeune femme mal mariée (voire même pas mariée du tout), la veuve aigrie…

Les points communs à ces huit récits m’ont donné l’impression d’un huis-clos : dans ce petit village tout le monde connaît tout le monde et ne semble vivre qu’à travers les rumeurs. L’écriture de Márquez, précise, rend d’autant plus pesante l’ambiance au sein du village et plonge vraiment le lecteur dans une autre réalité.

 

J’ai choisi de lire ce recueil de nouvelles car j’ai déjà lu « Cent ans de solitude » il y a quelques années, ainsi que « Mémoire de mes putains tristes ». J’avais envie de tenter autre chose… Après ces trois lectures, j’ai vraiment le sentiment que l’oeuvre de Márquez forme un tout. On peut bien-sûr lire chacun de ces titres indépendamment des autres, mais en lire plusieurs permet de vraiment prendre la mesure du talent de l’auteur et de comprendre son univers littéraire. Je conseillerais même à qui veut découvrir l’auteur de commencer par « Les funérailles… » ou « Mémoire de mes putains tristes » qui sont deux textes moins denses et moins longs que « Cent ans de solitude ».

En quelques mots je dirais que l’écriture de Márquez me parle vraiment. Ce recueil de nouvelles (écrites pour la plupart entre 1954 et 1958) m’a donné envie de me replonger plus longuement dans son univers, d’autant plus que l’auteur fait vivre plusieurs de ses personnages dans différents romans, avec à chaque fois une histoire personnelle différente. J’envisage donc de relire « Cent ans de solitude » qui est selon moi une très grande oeuvre.

En attendant, cette lecture m’a permis de prendre du plaisir et de répondre en plus à l’un de mes challenges en cours :

classique

Les huit nouvelles qui composent ce recueil sont : « La sieste du mardi », « Un jour comme les autres », « Il n’y a pas de voleurs dans ce village », « Le merveilleux après-midi de Baltazar », « La veuve Montiel », « Un jour après le samedi », « Les roses artificielles », « Les funérailles de la Grande Mémé ».

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9 réflexions sur “Los funerales de la Mamá Grande / Les funérailles de la Grande Mémé

  1. Je ne connais cet auteur que de nom mais je n’ai pas lu une seule de ses œuvres ! C’est super de pouvoir lire l’espagnol en langue original surtout un auteur comme Marquez je pense. Ce qui m’avais amusé, c’est de savoir que selon lui « Cent Ans de Solitude » est une blague et que les analyses qu’il lisait dessus l’amusaient beaucoup ! Comme quoi ^^ (Mais ça n’empêche que j’aimerais bien le lire histoire de connaître la blague en question =) )

    • Si c’est une blague je ne dois pas avoir le sens de l’humour ! Je l’ai lu il y a des années, mais j’avais pris ça au sérieux ! Je ne peux que t’encourager à lire « Cent ans de solitude » mais c’est un pavé ! En tout cas, je te souhaite de découvrir l’univers de Marquez.

      • Après c’est lui qui l’a dit ^^ (Je ne fais que répéter =) ). Je le souhaite aussi, j’aimerais beaucoup lire « L’amour au temps du choléra » J’adore le titre ça ne m’évoque que du bon 😉

  2. Je viens d’acheter Cent ans de solitude (mon bouquiniste avait seulement celui-là) parce que j’ai eu envie de découvrir cet auteur après avoir quelques articles concernant sa disparition. Ton billet me donne encore plus envie de le commencer (ne parlons de pas de PAL !!!!) Celui qui m’attire le plus à la base est La mort au temps du choléra. Merci pour cet avis!

    • Je t’en prie ! Je te souhaite une bonne lecture et espère que tu apprécieras l’écriture de Marquez. Quand j’avais lu « Cent ans de solitude » je m’étais fait un arbre généalogique pour bien comprendre qui était chaque personnage…

          • Il y a des lecteurs qui ne prennent jamais de notes mais en effet, peu importe, beaucoup de gens ne comprennent pas la prise de notes. Pourtant, en fonction des livres ou quand il s’agit de séries, j’ai besoin de prendre des notes pour multiples raisons. De choses que je ne veux pas oublier au fait de me plonger encore plus dans l’histoire…

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