L’Ecume des jours

vian

Colin est un jeune bourgeois qui vit dans l’opulence. Il est entouré de Nicolas, son cuisinier qui lui prépare des « aspics de filets de sole contisés de lames de truffes » et autres mets extraits du grand guide gastronomique Gouffé, et de son meilleur ami Chick, un passionné des écrits et de la vie de Jean-Sol Partre. Sa rencontre avec la belle Chloé va donner à sa vie la richesse et le sens qui lui manquaient. Malheureusement, peu après leur mariage, Chloé tombe malade : elle présente un nénuphar pulmonaire qui lui ôte toutes ses forces. Peu à peu chaque personnage tombe dans une forme de déchéance dont la maladie semble avoir été le déclencheur. Même ce qui est sensé être immuable dépérit, comme l’appartement de Colin dont les fenêtres s’atrophient et le plafond s’abaisse.

Dans ce roman les protagonistes ne sont pas portés au pinacle. Ils révèlent au contraire souvent leur superficialité et leur propre ridicule, tant dans leurs idées et préoccupations que dans leurs comportements. Chaque scène se déroulant hors de chez Colin amène également l’auteur à tourner en dérision l’autorité, quelle soit médicale, policière ou religieuse.

« L’Ecume des jours » a été publié pour la première fois en 1947 et n’a à l’époque pas été compris par la critique ni le public. Les éditions Gallimard n’arrivaient pas à le vendre… Il est vrai que c’est une oeuvre à part. C’est une histoire d’amour sommes toutes assez « classique », les amants séparés par la mort, mais elle repose sur une écriture plutôt déstabilisante : le réalisme côtoie le surréalisme et le lecteur est sans cesse amené à perdre les repères qu’il croyait s’être trouvés.

J’ai eu du mal à apprécier le début de ma lecture mais j’ai peu à peu lâché prise, sans tenter de me raccrocher à ce qui m’est connu, et j’ai finalement réussi à rentrer dans le livre. Grâce à une multitude de détails surréalistes « L’Ecume des jours » a la particularité de ne pas être marqué par une époque et peut se lire aussi facilement aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Je pense que c’est une oeuvre qui ne se dévoile pas entièrement à la première lecture et qu’il faut y revenir de temps en temps pour mieux l’apprécier.

Lire « L’Ecume des jours » a aussi été pour moi l’occasion d’honorer deux de mes challenges :

classique

challenge 1

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8 réflexions sur “L’Ecume des jours

  1. Il est dans ma PAL c’est le coté surréaliste justement qui m’attirait ! J’espère plus accroché alors ^^

    • En fait j’ai eu du mal au début, mais après je m’y suis faite. A l’inverse de toi, je n’aime pas trop tout ce qui n’est pas réaliste en littérature, c’est peut-être pour ça qu’il m’a fallu un peu de temps.

  2. J’ai lu ce livre, il y a quelques années et j’ai été un peu perturbée par tous ces phénomènes extraordinaires et je n’ai pu en desceller l’image ou la portée. Maintenant que je suis plus grande peut être que je l’apprécierai davantage.

  3. J’avais été profondément bouleversée par ce roman quand je l’ai lu, lycéenne. Je l’avais trouvé tellement, tellement triste ! Et en même temps j’adore toutes ces trouvailles, ces jeux de mots extraordinaires… Et dire que je me suis inscrite aussi au challenge « un classique par mois » et que je n’en ai encore lu aucune ! honte à moi !

  4. Ping : Challenge Les 100 livres à lire au moins une fois : 2e bilan | des livres, des livres !

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