Les héros sont des gens ordinaires

du-cote-de-castle-rockIl y a des livres dans lesquels on entre tout de suite, des livres dans lesquels on n’entre pas du tout et des livres dans lesquels on met du temps à entrer mais qui finalement nous gardent jalousement auprès d’eux.

Ce fut un peu mon cas avec « Du côté de Castle Rock », d’Alice Munro. J’ai eu du mal à accrocher, au début. Je crois, avec du recul, que j’attendais un peu d’aventure en le commençant mais ce n’est vraiment pas ce qui domine dans ce roman.

Dans ce que l’on peut considérer comme une première partie Alice Munro retrace son histoire familiale, celle de ses ascendants qui ont quitté l’Irlande au XVIIIème siècle pour refaire leur vie en Amérique. Ensuite, dans la deuxième partie, elle revient sur sa propre vie, de son enfance à son mariage.

Ce qui m’a accrochée dans ce livre, c’est la vie de ces personnages on ne peut plus ordinaires qui vivent, tout simplement. Ils vivent et ils meurent. Ils connaissent des joies mais aussi des souffrances et des peurs. Comme tout un chacun. Presque tous sont décrits comme pauvres mais au caractère fort et au potentiel riche :

« Ils avaient cette habitude des pauvres – et peut-être particulièrement des pauvres encombrés de plus d’intelligence que ne leur en prête leur statut social- […] de transformer leurs supérieurs en en brossant [une] caricature. » (p. 278)

Bien-sûr, ce qu’écrit Alice Munro pose la question de l’objectivité, de la mémoire qui se montre parfois sélective. Lors de ma lecture je me suis aussi interrogée sur la notion d’héritage familial : quel est-il ? Il y a celui que l’on connaît, celui que l’on ignore, celui que l’on rejette ou bien au contraire désire ou encore que l’on s’invente…

« Du côté de Castle Rock » n’est pas un roman palpitant mais il est riche. A travers lui l’auteure aborde également les thèmes du couple, du mariage, de la sexualité… Elle s’interroge aussi sur son « évolution » sociale par rapport à sa famille (un peu comme Annie Ernaux dans « La place »). Par exemple, peu avant son mariage, elle est à table avec sa famille : « ces gens autour de la table – à l’exception de ma mère – estimaient que c’était dans une large mesure une trahison de ne pas rester à ma place, dans notre genre de vie. » (p. 278-279)

Malheureusement, la fin du livre est un peu soporifique et j’avoue que j’ai lu en diagonale les 30 dernières pages… Mais ça n’enlève rien à la qualité de ce roman selon moi.

J’ai lu « Du côté de Castle Rock » dans le cadre du challenge « Lire avec Geneviève Brisac » proposé par Anis. Ca a été pour moi l’occasion d’enfin honorer ce challenge et de découvrir cette auteure qui a obtenu le Prix Nobel de Littérature 2013…

brisac

Publicités

4 réflexions sur “Les héros sont des gens ordinaires

    • Je crois que comme pour Ernaux, on aime ou on aime pas. C’est vrai que « Du côté de Castle Rock » n’est pas un roman que je conseillerais à tout va… Et je pense que c’est un roman que j’ai aimé lire au moment où je l’ai lu, mais que j’aurais pu rejeter rapidement à un autre moment. Je crois qu’il faut être dans une certaine disposition pour l’apprécier.

    • Je ne sais pas lequel te conseiller car je n’ai lu que « Du côté de Castle Rock ». Mais je t’encourage à découvrir son écriture qui m’a vraiment parlé.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s