Mémoires d’une lectrice

adieux reineVienne,1810. Agathe Laborde, ancienne lectrice de la Reine Marie-Antoinette,se remémore les derniers jours qu’elle a passés à Versailles, les 14,15 et 16 juillet 1789… Les vingt années qui se sont écoulées n’ont en rien effacé ses souvenirs, et c’est emplie de tristesse qu’elle raconte le soulèvement populaire, la prise de la Bastille et les rumeurs qui arrivaient à Versailles sur la fin de son monde.

Elle revient sur l’attitude des « logeants » du château, qui oscillaient entre la frayeur et l’incrédulité. Elle souligne à quel point plus rien de ce qui existait ne peut désormais perdurer, et dépeint cette folie gagnant peu à peu la Cour : « […] le château donnait partout l’image d’un désordre total, d’une fuite éperdue ou d’un rassemblement chaotique[…] ». La panique est même personnifiée sous les traits d’une furie servant au Roi un dessert fait d’un rat mort reposant sur un tas d’épluchures , et cette femme-furie hante Versailles pour y répandre la terreur.

Le récit d’Agathe nous donne à voir une société mondaine qui vivait repliée sur elle-même et était d’une naïveté affligeante. Elle ne cache pas sa propre innocence : « Versailles était ma vie. Et comme pour ma vie, je ne m’étais jamais vraiment représenté ce que pouvait en être la dernière journée. Ni même qu’il y aurait une dernière journée, avec un matin, un après-midi, un soir, et rien de l’autre côté de la nuit. Rien de connu en tout cas. »

En quelques mots, le lecteur assiste à la chute de la Monarchie, mais aussi plus largement à la chute de tout un monde qui lui était lié.

Malgré tout, une révolution ne se fait pas sans doute et les domestiques, valets, huissiers etc…, eux-mêmes membres du peuple le soulignent dans leurs discussions : « Suzette, elle va tout le temps à l’église. Elle prie. Elle dit que se républicaniser, ça va s’expier longtemps, très longtemps. Que les enfants de nos enfants continueront d’expier. Et si elle avait raison ?« .

Dans ce roman, l’habileté de l’auteure réside selon moi dans le stratagème visant, à travers la nostalgie de la narratrice, à nous révéler un univers fait de cupidité, d’égocentrisme, d’arrivisme et de rivalités. Agathe qui relate ses trois derniers jours à Versailles, semble vouloir retranscrire l’horreur de la situation, mais elle ne fait que desservir sa cause en révélant ce qu’était la vie à la Cour.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce livre, mais je me suis finalement laissée séduire par l’écriture de Chantal Thomas, et par le récit d’Agathe qui nous transporte réellement à ses côtés à Versailles.

Sur le même sujet, j’ai lu il y a quelques années « Le chevalier de Maison-Rouge » d’Alexandre Dumas qui est très bien et que je conseille à celles et ceux qui veulent se plonger dans cette période de l’Histoire de France.

 

Publicités

7 réflexions sur “Mémoires d’une lectrice

  1. Une amie m’avait dit qu’elle l’avait détesté alors maintenant dès que je le vois, je passe mon chemin : peut être qu’il faudrait que je tente en fait ^^
    Merci de ton avis !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s