Ne vous fiez pas à sa couverture

Casterman n’a pas fait le meilleur choix de couverture pour « Au revoir Monsieur » :

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Sans lire la quatrième de couverture l’on peut penser qu’il s’agit d’une histoire se déroulant dans la nature, dans de grands espaces. Il en est tout autrement. C’est bien dans un hui clos que nous immergent les auteurs, Mabesoone et Mau.

Augustin est un garçon dont l’âge n’est pas donné, mais qui doit avoir dans les 10 ans. Il vit dans un univers familial peu propice à l’épanouissement. Son père est bourru, taciturne et parfois même violent. Sa mère est effacée, c’est « une suiveuse » comme le dit Augustin. La famille vit sur le domaine viticole de la grand-mère, Geneviève. Heureusement que cette dernière est là pour apporter un peu de considération à l’enfant et l’aider à maintenir la tête hors de l’eau.

Malheureusement, elle décède d’une chute dans l’escalier. Mais il ne s’agit pas réellement d’une chute : le père d’Augustin l’a poussée. Et Augustin a tout vu. Il quitte précipitamment le domaine, bouleversé par ce qu’il vient de voir. Son attitude va faire de lui un coupable présumé, et son père va essayer de lui faire endosser le meurtre.

En tant que lecteur on ne peut que se poser de multiples questions : comment Augustin peut-il grandir avec ce couple parental pour modèle ? Comment peut-il s’en sortir sans sa grand-mère, son seul soutien ? Comment peut-il vivre en ayant été témoin d’un meurtre ? Comment un adulte peut tenter d’accuser un enfant pour se protéger ?

Cet événement tragique va changer le garçon. Il n’est pas encore un homme, mais il n’est plus un enfant. Il en vient même à s’accuser lui-même, mais uniquement devant son père. Pourquoi ? Pour entendre son père avouer sa culpabilité ?

La fin est inattendue et j’ai refermé ma BD en me demandant quel type d’homme Augustin pourrait devenir…

Le scénario de Mau est servi par les illustrations entièrement en noir et blanc de Mabesoone. Les traits ne sont pas du tout les mêmes que ceux de Chabouté, mais il en ont toute l’efficacité et la force d’évocation. Je pense que la couleur n’aurait pas été pertinente ici.

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Après avoir lu la BD on comprend un peu mieux le choix de la couverture. Le poisson peut sembler un détail de l’histoire, mais ça n’en est pas un… Même si je comprends ce choix, je regrette qu’il rende la BD aussi peu attrayante.

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