Fille noire, fille blanche

oates1974. Genna Meade, une jeune fille de 18 ans, intègre le prestigieux Schuyler College, fondé par son arrière-grand-père. Elle va partager sa chambre avec Minette Swift, une étudiante noire, boursière. Tout oppose les deux jeunes filles : leur couleur de peau, mais aussi leur rang social. Genna va alors tout tenter pour se faire pardonner ses « privilèges » et se rapprocher de sa colocataire. La ferveur de Genna à devenir l’amie de Minette est malsaine. Elle a souffert, enfant, d’un vide affectif et semble vouloir le reporter sur Minette : elle veut la croire esseulée et être celle qui va la soutenir. Or Minette se comporte comme une jeune fille forte, indifférente à l’opinion d’autrui… :

« Parmi les étudiantes de première année, Minette Swift devenait une sorte d’énigme : une Noire qui ne se comportait pas en ‘Noire’. Une fille à la forte personnalité et admirée dans l’ensemble mais, jusqu’alors, peu aimée ».

La force affichée de Minette finira par s’écailler dans un univers étudiant constitué de très peu de Noires parmi une grande majorité de Blanches.

L’action de ce roman se déroule sur quelques mois uniquement : de septembre 1974 à avril 1975. Ce sont huit mois qui vont opérer des changements chez les deux colocataires, jusqu’à l’issue de leur histoire. Les « décors » sont peu variés. Tous les événements présentés se déroulent dans des lieux limités au campus universitaire, et majoritairement en hiver. Cette impression d’unité de temps et de lieu crée un contexte oppressant, une vision bouchée, sans ouverture…

Petit à petit, Minette bascule dans une ferveur religieuse proche de la folie. Genna tombe elle aussi dans une autre forme de déraison. Elle s’enferme dans ses deux obsessions. Elle est hantée par Minette mais aussi par son propre père et ce qu’elle sait de lui, ce célèbre avocat en lutte contre le gouvernement et le FBI, ce « Max Meade [qui] n’a jamais violé la loi » mais qui est pourtant activement recherché…

Pendant une grande partie de ma lecture je n’ai pas réussi à éprouver la moindre sympathie pour les personnages. Minette m’énervait trop : je n’aime pas les personnes continuellement bougonnes, et Genna me laissait indifférente car je ne comprenais pas son obstination.

Finalement, j’ai fini par ressentir de la pitié pour Genna qui ne parvient pas à vivre pour elle-même, mais toujours à travers deux statuts : celui d’une Blanche et celui de la fille de son père.

Je garderai un souvenir mitigé de ce livre. J’ai eu un peu de mal à en venir à bout, mais je ne voulais pas l’arrêter pour autant. Ce n’est pas un roman que j’ai adoré, mais il m’a intriguée et marquée en me mettant parfois mal à l’aise.

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3 réflexions sur “Fille noire, fille blanche

  1. Chez Oates, difficile de s’attacher aux personnages, la plupart du temps… dans celui-ci particulièrement. C’est un de mes auteurs préférés pourtant ! Son style est fascinant.

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