La première fois que je lisais Brisac

Voilà un billet que j’ai hésité à rédiger… Pendant ma lecture de « Petite » de Geneviève Brisac, je me suis dit à plusieurs reprises  » celui-ci je ne vais pas le commenter sur mon blog… », mais finalement je me lance !

Dans ce livre autobiographique, Geneviève Brisac nous raconte l’anorexie de Nouk, SON anorexie, en fait. Tout commence quand elle a 13 ans et décide de ne plus manger. Au départ, fini les pains au chocolat et les crêpes aux amandes. Mais petit à petit ce sont les aliments les plus élémentaires qui sont bannis de son assiette. Nouk maigrit, élabore de plus en plus de techniques pour rejeter les aliments de son corps et ses parents ne parlent pas… Les mots ne sont pas dits, sa maladie n’est pas nommée. Dans cette famille qui vit sous le règne des non-dits, même la petite dernière n’a pas de nom. Elle est appelée « le bébé », y compris par sa propre mère !

Quand la vie de Nouk finit par être menacée, on l’enferme dans un hôpital psychiatrique pour la faire reprendre du poids. On essaye de la guérir physiquement, mais en l’écrasant mentalement…

Finalement, le « salut » viendra d’ailleurs, même si on sent une fragilité qui perdure.

J’ai été un peu mal à l’aise pendant ma lecture car l’auteur parvient à nous transmettre une part du mal-être de cette jeune fille. Ce livre est très court mais extrêmement percutant. L’écriture de Geneviève Brisac est presque minimaliste mais redoutablement efficace…

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6 réflexions sur “La première fois que je lisais Brisac

  1. ton commentaire est bien fait et percutant…Ce qui me gêne dans ce genre de livres et d’expériences racontées, c’est que l’on « oblige » le lecteur à voir cette maladie par les yeux de l’auteur ou de son héroïne et de l’accepter comme la vérité. Or il est difficile de porter un regard objectif quand on a vécu un tel drame… Cette maladie a plusieurs faces, pas une seule et même solution pour toutes (tous) et la responsabilité est jeté sur la famille particulièrement sur les relations mère-fille; On coupe les liens comme si le fait de vivre dans un univers psy allait arranger le problème.
    Je connais ce genre de culpabilité…Ma fille elle-même ne sait pas pourquoi cela lui est arrivé… Elle n’a pas été hospitalisée, le médecin généraliste s’y est opposé. Je ne sais comment elle s’est sortie de la spirale mais elle a réussi.
    Je crois qu’il n’y a pas une anorexie mais plusieurs anorexies qui revêtent différentes formes et que les solutions miracles n’existe pas . Ce qui marche chez l’une ne marche pas chez l’autre; Et certainement pas l’isolement qui rend fou et ne fait pas grossir quelqu’un qui n’arrive pas à s’alimenter.
    Ces livres n’ont qu’un seul mérite ; celui de porter à la connaissance de tous un phénomène qui touche les adolescentes essentiellement et d’éveiller la vigilance des parents.
    Merci pour ton commentaire.
    avec le sourire

    • Merci pour ton commentaire, Lilou. Comme je l’ai écrit, j’étais assez mal à l’aise pour rédiger ce billet. Tu le dis bien, il n’y a pas UNE seule anorexie, et cette maladie ne peut pas être définie par le témoignage d’une seule personne l’ayant vécu. J’ai essayé de m’en tenir à ce que G. Brisac a mis dans son récit, mais il est évident que ce dernier est rempli de subjectivité… Elle souligne la relation entretenue avec ses parents : c’est ce qu’elle a choisi de mettre dans son livre, mais bien-sûr que ce n’est pas l’explication à toutes les anorexies (et ceci est valable pour tout ce qui concerne les enfants : il est un peu simpliste de supposer que les problèmes des enfants sont toujours dûs à leur éducation et à la relation avec leurs parents). En revanche, elle montre bien que ce n’est pas l’hôpital psy qui l’a guérie.
      Est-ce que son récit a agit comme une catharsis pour elle ? Je ne peux pas répondre à cette question, mais c’est sûr qu’il éveille l’attention des lecteurs sur la complexité de l’anorexie.
      Belles lectures à toi

  2. Mai c’est normal non que l’auteur soit subjectif, un roman n’est pas un documentaire. Je trouve que tu as très bien parlé de ce livre et de ta propre subjectivité. Et puis si tu as été mal à l’aise, c’est aussi parce que tu as été en empathie avec l’héroïne. L’écriture a marché donc mais elle fait particulièrement écho chez toi. Je suis contente de t’avoir lue.

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